Certaines passions naissent par hasard. D’autres semblent écrites d’avance.
Pour moi, tout a commencé à l’âge de dix ans. En 1967, encouragé par mon père, je découvre la batterie. Les débuts sont exigeants, parfois décourageants, mais grâce à la patience, au travail et à l’enseignement de Georges Nicoloff, je progresse rapidement. Sans le savoir, je faisais mes premiers pas dans un univers qui allait devenir celui de toute une vie.
En 1970, mon frère Georges, musicien passionné, crée son premier orchestre. Je rejoins naturellement cette aventure en tant que batteur. Pendant plusieurs années, nous animons mariages, bals populaires et soirées dansantes. Musette, valse, tango, cha-cha-cha, paso-doble, fox-trot ou encore rock… chaque prestation renforce mon amour de la musique et du spectacle vivant.
Mais une autre passion grandit en moi : la danse.
Fasciné par le Rock’n’Roll, je passe des heures à observer les danseurs. Je n’ai jamais fréquenté d’école de danse. Mon école, ce sont les pistes de danse, les soirées, les rencontres, les heures passées à regarder, à essayer, à recommencer encore et encore. C’est ainsi que je construis mon style, guidé uniquement par la passion et l’envie de progresser.
En 1977, mon arrivée à Lyon, véritable capitale de la danse, marque un tournant décisif. Je découvre le mythique BC Blues, un lieu emblématique où résonnent les musiques de La Nouvelle-Orléans. En voyant évoluer ces danseurs, je comprends immédiatement que j’ai encore tout à apprendre. Ce soir-là, je me fais une promesse : un jour, je danserai avec cette même élégance, cette même musicalité et cette même liberté.
Cette promesse va devenir le moteur de toute ma carrière.
En 1996, je fonde ma première association, J.F.C Danse. C’est le début d’un véritable défi. Dans le monde de la danse, le talent ne suffit pas. Il faut convaincre, travailler sans relâche, persévérer et surtout… réussir à se faire connaître, puis à se faire reconnaître.
Ce fut sans aucun doute l’épreuve la plus difficile de mon parcours.
Je décide alors de former moi-même des couples de compétition. Mon ambition est simple : transmettre mon savoir et conduire mes élèves vers l’excellence. Année après année, les résultats dépassent toutes mes espérances. De nombreux couples montent sur les podiums et confirment que le travail, la rigueur et la passion finissent toujours par être récompensés.
Cette même année, une rencontre va profondément marquer ma carrière : Bachir Arar, Champion du Monde de Boogie-Woogie. Plus qu’un professeur, il devient un véritable mentor. Il me fait découvrir une danse où la technique rencontre l’émotion, où chaque mouvement épouse parfaitement la musique. Grâce à lui, je comprends que danser ne consiste pas uniquement à exécuter des pas, mais à interpréter la musique, à raconter une histoire et à transmettre des émotions.
En 2000, mon association devient EuRo’K Danse, symbole d’une nouvelle étape de son développement.
C’est également cette année-là que je découvre le West Coast Swing, sous la direction de Mélanie Stocker, remarquable danseuse et pédagogue suisse. Son perfectionnisme et son exigence m’apprennent une leçon essentielle : dans la danse, on n’a jamais fini d’apprendre. Se remettre constamment en question est la seule façon de continuer à progresser.
Après plusieurs années consacrées à l’enseignement, je fais mon retour dans le monde de la compétition en 2007.
Cette nouvelle aventure est couronnée de succès. Les couples que je forme obtiennent régulièrement les 1res, 2es et 3es places aux Championnats de France, aussi bien en Rock, Boogie-Woogie qu’en West Coast Swing.
Parallèlement, je poursuis mon engagement auprès de la Fédération Française de Danse en obtenant mes diplômes de Juge National en Rock, Boogie-Woogie et West Coast Swing.
Au fil des années, j’ai également eu le privilège d’animer de nombreux stages en France et à l’étranger, de participer à plusieurs émissions de télévision et de rencontrer des artistes qui ont marqué le monde du spectacle.
Grâce à la danse, j’ai eu l’honneur de côtoyer de nombreuses personnalités telles que Larusso, Michèle Torr, CharlÉlie Couture, Tom Novembre, Zouk Machine, Michael Jones, Gilbert Montagné, Frankie Manning, Marc Lavoine, et bien d’autres encore.
Toutes ces rencontres m’ont rappelé une chose essentielle : derrière chaque réussite se cachent des années de travail, de passion et d’humilité.
Aujourd’hui, après plus de cinquante-cinq années consacrées à la danse et à la musique, je continue à transmettre cette passion avec la même énergie qu’à mes débuts.
Sous le nom de Tempo-Rock, je poursuis cette aventure avec une conviction intacte : la danse est bien plus qu’un loisir ou un sport. C’est un langage universel, une école de vie, un formidable moyen de partager des émotions et de créer des liens entre les personnes.
Si je regarde aujourd’hui le chemin parcouru, je ne retiens pas seulement les titres, les récompenses ou les distinctions.
Je retiens surtout les milliers d’élèves rencontrés, les couples que j’ai vus grandir, les sourires après chaque réussite, les émotions partagées sur les pistes de danse et cette certitude qui m’anime depuis toujours :
Les rêves ne se réalisent jamais par hasard. Ils se construisent avec du travail, de la passion, de la persévérance… et beaucoup d’amour pour ce que l’on fait.